La plongée sous-marine est une activité
à risque faisant intervenir l'utilisation d'équipement de pointe nécessaire
au soutien des fonctions vitales. Une formation appropriée auprès d'une agence de certification
reconnue devrait être suivie par quiconque désire pratiquer cette activité.
Mise en garde
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Silence, ça tourne et action! par Nathalie Lasselin
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Que ce soit "The Abyss", la série
"Blue Planet" ou Nemo, les fonds sous-marins exercent une fascination
sans fin. Les scènes aquatiques ajoutent un effet dramatique et onirique,
souvent utilisées tant en fiction et documentaire qu'en vidéo clip.
Sur le plan technique, le milieu
aquatique révèle des défis que l’on ne rencontre pas
lors de tournages conventionnels. S’il est nécessaire d’être un très bon
plongeur, de pouvoir contrôler sa flottabilité et ses
déplacements quelle que soit la position dans la quelle on se retrouve,
il est également nécessaire de très bien connaître
le grand nombre de pièces d’équipement
reliées à la caméra, à l’éclairage et
aux structures en tout genre. Tout cela en plus des lois de élémentaires et
spécifiques du milieu aquatique qu’en tant que plongeur nous
connaissons déjà : réfraction, sédimentation,
absorption et particules en
suspension. Ces éléments causeront tour à tour diffusion
ou perte de couleurs selon la profondeur et la distance du sujet. On doit,
entre autres, considérer la vitesse du son et la résistance de
l’eau, qui modifient l’allure des mouvements et
le son. Dans le cas des films de fiction, il est
souvent nécessaire d’entraîner les acteurs afin que ceux-ci
puissent jouer leurs scènes sous-marines de façon
sécuritaire et efficace, allant d'entraînements en apnée
jusqu'aux tests de costumes.
En 2005, j’ai travaillé
sur le long métrage documentaire "La peau et les os 2". Ce film
nécessitait une scène sous-marine que la
production voulait tourner en milieu naturel. Pour cela, nous avons effectué
différents repérages de location pour être en mesure
d’accommoder aussi bien le tournage sous-marin que celui à la surface.
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Nous avons
finalement opté pour le lac Morgan qui nous offrait tous les
éléments recherchés à proximité de
Montréal. Lors des différentes réunions de production,
nous avons établi le découpage technique (découpage de la
scène plan par plan), établi un ordre de tournage des
différents plans en tenant compte de la complexité de chacun tant
au niveau technique qu’au niveau de la performance de
l’actrice. De plus, dans un
pareil cas, nous avons du nous prémunir d’une équipe de
soutien à la surface et d’un abri pour les
comédiens qui devaient passer de longues heures sans enlever leur costume
mouillé. D’autant plus que le tournage a eu lieu à la mi-septembre. En
ce qui concerne le travail de préparation avec l’actrice, nous
avons fait des tests en piscine avec son costume, puis évalué la
protection thermique adéquate. Pour cela nous avons travaillé avec une
couturière afin de pouvoir insérer des plombs dans le costume
sans que cela paraisse à l’écran.
Chaque tournage est une nouvelle
expérience et est unique. Les besoins et budgets étant
variés, les solutions le sont d’autant plus. Comme pour le
tournage conventionnel, une longue préparation est nécessaire
afin de rencontrer non seulement les besoins de la production mais
également d’évaluer les différentes options qui
pourront correspondre à l’idée du réalisateur. Un
repérage de location est effectué ainsi que différentes
plongées pour juger de la visibilité, du courant, de la possibilité
de poser des structures lorsqu’il s’agit de tournage en milieu
naturel. Pour les tournages en bassin ou piscine, le fond sera habillé
et une équipe de direction artistique travaillera au décor. Dans
tous les cas, un découpage technique sera fait pour optimiser le temps
de tournage et s’assurer du bon déroulement de la production.
Au cours des derniers mois, j’ai
eu l’occasion de travailler aux séquences sous-marines sur
plusieurs productions de fiction et de documentaires.
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Ainsi les films "Saints Martyrs des damnées", "Sans elle" comportent
chacun une séquence tournée en piscine. Pour ces deux tournages,
bien que très différents, nous avions une équipe de
plongeurs de sécurité pour les comédiens, une
équipe technique de plongeurs pour les éclairages sous-marins,
trépieds…s, caméra, etc. Que ce soit en 35mm ou en haute
définition, le réalisateur et le directeur photo visionnent depuis la
surface ce qui est tourné dans l'eau à l'aide d'un retour vidéo.
De plus un système de communication est utilisé pour effectuer les modifications d'axes
de prises de vues, des mouvements ou de la configuration de la caméra
(vidéo). En film, l’exposition de la pellicule est
déterminée par l’utilisation d’un posemètre
étanche
Dans le cas de tournages documentaires
en milieu naturel, la méthode de travail est différente. Les
plongeurs de sécurité pour le cameraman jouent un rôle plus
qu’important. Il est fréquent d’entendre des histoires de
manque d’air, remontée d’urgence et d’accident de
décompression lors de tournages aussi bien en MiniDv qu’en Imax.
Il est effectivement aisé de se laisser emporter par la volonté
d’obtenir la prise de vue spectaculaire et de ne plus être attentif
à la profondeur, la quantité d’air et aux autres facteurs
potentiellement dangereux. Le danger vient aussi de l’expérience,
plus on se sent en contrôle, moins on aura tendance à continuer de faire
les vérifications de base. Aussi les moyens de communication et le
support extérieur sont souvent réduits à zéro
poussant chaque individu à l'autonomie.
En février 2006,
débutait la production de mon documentaire "Facing darkness".
Un moyen métrage (45 min) démystifiant la pratique de la
plongée de caverne à travers des entrevues d’experts et de
passionnés dans le nord de la Floride. Lors de ce tournage, nous avons
plongé les systèmes de Peacock, Ginnie Spring, Cow spring,
Telford et Ichetucknee. C’était pour moi, la
première expérience de tournage en caverne.
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Tout d’abord,
étant donné la nature documentaire du tournage, il
n’était pas question de perforer des parois ou d’installer
des structures comme cela peut-être fait en fiction dans les studios ou
parfois en milieu naturel sur de grosses productions. En caverne, sur un récif
corallien ou sur une épave, nous nous faisons un point d’honneur
de ne prendre que des images et de ne laisser aucune trace.
Avant mon départ, je
m’assurais d’emporter non seulement la redondance de mon
équipement de plongée, mais également celle de prise de
vue. Deux caméras, deux caissons, différents hublots, moniteurs
sous-marins, et deux ensembles de lumières en plus des trois lampes
nécessaires à la plongée. Étaient aussi du nombre carte
de référence, batteries, cassettes, testeurs,
joints toriques, graisse, nettoyants en tout genre, etc. On est
très loin des voyages légers. Pour ce tournage, j’ai pu
voyager par la route, ce qui réduit les coûts de productions.
Lorsqu’on doit prendre l’avion, il est nécessaire de
prévoir une logistique conséquente, principalement en raison des
nouvelles règles de poids de bagages. En effet, depuis octobre 2005, les
compagnies régulières tarifient sur 23kg et non plus 32kg ce qui
fait une énorme différence pour le nombre de bagage
supérieur à la norme. Bien que ce soit une situation habituelle
pour les équipes de tournage, dans le cas des tournages sous-marins
ce sont des valises de plus qui se rajoutent.
Si une plongée de caverne
nécessite une planification rigoureuse, un tournage documentaire est
encore plus exigeant. Avant d’emporter une caméra ou un appareil
photo dans cet environnement, une plongée préalable est
préférable, non seulement pour des raisons de
sécurité, mais également pour savoir ou se rendre afin
d’obtenir les prises de vues voulues. De plus chaque pièce
d’équipement doit être soigneusement testée et
nettoyée entre chaque plongée.
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Ne pas confondre filmer sa plongée et plonger pour filmer
Lorsque le but premier est de rapporter
des images, le rythme est dicté par le cameraman (ou photographe,
le cas échéant) et le copain de plongée devient un
plongeur de sécurité. Le plongeur peut aussi être en charge
de la mise en place des lumières afin d’améliorer la
qualité des images. Comme chaque tournage, le maître mot est le
travail d’équipe.
Si en plongée
récréative, il est suggéré de ne pas fournir
d’effort soutenu, en tournage sous-marin, le travail ressemble, en termes
d’efforts, à ce qui peut être demandé à un
plongeur commercial. En effet, la quantité de matériel
apporté crée une résistance sous l’eau qui n’est
pas négligeable. Ceci est particulièrement vrai en format Haute
définition (85 livres) et en film 35mm. Cela implique une autre
considération majeure, à savoir la mise à l’eau. Lors du tournage dans les
cavernes du nord de la Floride, Je suis allé dans la caverne
d'Ichetucknee. Il était entendu qu’une petite marche était de
mise, mais qu’elle ne fut pas ma surprise de me rendre compte qu’il
s’agissait d’une marche sur plus de 800 mètres! Avec un double sur le dos, ce ne fut pas
exactement un charme de pousser le chariot sur lequel était déposé
la caméra munie du kit d’éclairage. D’autant plus que
la plus grande partie du parcours est en sable.
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L’allure était
plutôt escargot et nous avons effectué une pause avant et
après la plongée. Il ne faut jamais sous-estimer les
effets de l’effort aussi bien avant, pendant qu’après une
plongée. C’est pourquoi, la plongée nitrox est la plus
appropriée, même en faible profondeur, car lors des tournages,
nous pouvons passer jusqu’à 4 heures dans l’eau. Avec de
tels temps de fond, il est évident que la déshydratation est
à surveiller. Une bonne hydratation quotidienne et, au besoin, une bouteille
d’eau dans la poche de la combinaison est à prévoir. Bref, les
tournages sous-marins ressemblent en termes d’exigence physique à
une plongée profonde avec décompression dans le courant.
L’effort en est amplifié lorsqu’il s’agit de filmer
à Ginnie Spring!
Quoi qu’il en soit, les cavernes
du Mexique ou du nord de la Floride sont un univers fascinant et ceux qui
l’explorent sont sans aucun doute les avant-gardistes de la technologie
de demain.
En 2006, "Facing Darkness"
a débuté la tournée des festivals sous-marins du monde. Pour de
plus amples détails sur ce tournage et autres tournages sous marins consultez le site
www.pixnat.com. Le tournage fut rendu possible grâce
à la collaboration de Amphibico, Mtl vidéo, Tekdiv
(Stéphane Jolicoeur) et à l’énorme
générosité de Lamar Hires, Jim Bowden, John Orlowski et
Bill Rennaker.
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N.L.
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