La plongée sous-marine est une activité
à risque faisant intervenir l'utilisation d'équipement de pointe nécessaire
au soutien des fonctions vitales. Une formation appropriée auprès d'une agence de certification
reconnue devrait être suivie par quiconque désire pratiquer cette activité.
Mise en garde
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Vous avez dit "Extrême"? par Éric Legua
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Avez-vous remarqué que de nos jours rien
n’est plus à la mode que de pratiquer un sport extrême? De ce fait, notre activité, qu’elle
soit technique ou récréative, est tombée dans cette catégorie. Demandez à ceux qui vous entourent et qui ne
pratiquent pas la plongée ce qu’ils en pensent. Demandez aussi à des plongeurs de tous niveaux, et vous serez certainement surpris des réponses, tant par
leur diversité que par le ton sur lequel elles sont servies. Elles vont d’un retentissant « CERTAINEMENT » à un
« ES-TU MALADE? » tout aussi retentissant mais désapprobateur, avec quelquefois un mouvement d’yeux vers le plafond ou le ciel, tout dépend
si vous avez l’habitude de discuter dans le salon ou en attendant l’autobus au coin de Peel et Ste-Catherine), en passant
par un « mouais, peut être » mollasson. Mais alors, la plongée est-elle ou n’est-elle pas un sport extrême?
Certains pourvoyeurs de services nous annoncent des aventures en plongée extrême, d’autres nous
vantent les mérites de la plongée Zen, de la communion avec la nature. Alors je répète ma question, qu’en est-il vraiment?
Comme un grand nombre de questions de ce genre (par exemple « être ou ne pas être » ou encore « Chérie,
où as-tu rangé le pot de beurre d'arachide »), il n’y a
malheureusement aucune réponses claires et définitives, mais un grand nombre pleines de nuances et de zones grises. J’ai donc tenté de
mettre un peu d’ordre là-dedans en sachant très bien que le fruit de mes réflexions ne fera assurément pas
l’unanimité. Pour bien commencer, il faut avant toutes choses définir ce qu’est un sport ou activité extrême.
Déjà là, on nage en plein flou artistique et mes recherches m’ont laissé avec plus de questions que de
réponse.
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Alors, qu’est-ce qu’un
sport extrême? C’est avant tout un moyen de transformer un
individu au demeurant tout à fait banal (voire même insipide) en
véritable héro moderne, de preux chevalier urbain, un Don
Quichotte de la vitesse. Ce n’est que ma propre définition qui
n’engage que moi, mais déjà je trahis le fond de ma
pensée. Restons objectif et progressons! En premier lieu, quand on parle
de sport Xtrême (voyez, même l’orthographe devient
extrême), on sous-entend sport d’action ou d’aventure. Par
exemple le tennis, bien que très exigeant physiquement ne rentre pas
dans cette catégorie, sauf si vous jouez sur un court perché au bord du
cratère d’un volcan en éruption. Sincèrement, vous
imaginez vous 007 ou Indiana Jones se servir d’une raquette de tennis
pour se sortir du pétrin ou écarter des vilains? Quand on parle
de sport extrême, tout de suite on pense à des performances de
vitesse, de hauteur, de dangers ou de cascades spectaculaires, des fois
même de stupidité consommée comme le surf
d’ascenseur. Ainsi, Comme activité extrême on retrouve le saut en
parachute (et tous ses dérivés), la descente de rapide, certaines
formes d’escalade et la liste est encore très longue. L’autre aspect
à considérer est la désormais fameuse montée
d’adrénaline qui accompagne la pratique du sport. On peut penser à sauter
en bas d’un pont avec un élastique attaché aux pieds (je me
demande d’ailleurs pourquoi on appelle ça un sport vu que
c’est la gravitation qui fait tout le travail et puis se laisser tomber
dans le vide est vraiment à la portée du premier crétin venu). Ou encore
glisser sur une rampe d’escalier en patin à roulette avec le
risque évident de perdre pieds et de se retrouver violemment à
califourchon sur la dite rampe avec les choses de la vie tout aussi violemment
catapultées vers le gosier.
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Bon d’accord, ça concerne plus
les mâles mais je suis sûr que le taux d’adrénaline
doit augmenter de façon significative dans ces moments là, en
tout cas moi, rien que d’y penser, j’en ai des crampes à
l’estomac.
Enfin, une grande
part de la mise à l’extrême des sports est attribuée
à une mise en marché de plus en plus agressive de certains
fabricants de matériel de plein air prêt à transformer
n’importe quelle activité banale en sport dangereux tel que
l’observation de colibris stukas en période de rut (bon là
j’exagère, mais vous comprenez l’idée). Alors comment
mettre tout ce monde d’accord? Ce n’est pas simple, et rien que sur
le comité de rédaction de Décompresse on en a
discuté longtemps (mais comme c’est MON édito,
j’écris bien ce que je veux, na). Donc, en fin de compte et selon
moi, après de longues recherches dont je vous épargnerai les détails, un SE c’est:
Toute activité qui pousse celui qui le pratique à évoluer dans
un environnement pour lequel la physiologie humaine n’est pas optimisée.
Cette définition a le
mérite d’inclure la notion de danger, de blessure potentielle, de
l’aspect équipement et technologie allant du plus simple (paire de
ski) au plus complexe (l’attirail du plongeur). Une chose est cependant
certaine, la question de la montée d’adrénaline ne devrait
même pas être considérée dans les critères,
mais j’y reviendrai. D’ailleurs certains puristes vont même
jusqu’à répudier le stéréotype d’accro
à l’adrénaline et dire que ce qui les motivent avant tout
c’est de développer certaines aptitudes physiques et mentales afin
de maîtriser un environnement spécifique et souvent inhospitalier
pour échapper à la monotonie de la vie de tous les jours. Par exemple
cette comptable qui fait de l’escalade parce qu’elle ne trouve plus
d’excitation à trouver des trous d’un million de dollars
dans sa conciliation bancaire. Bref, les adeptes de SE ne le font pas pour
s’échapper de la vie mais pour éviter que la vie ne leur
échappe. Finalement, reste à considérer l’égo
qui a aussi son rôle à jouer dans toute l’affaire.
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Car qui n'a pas déjà ressenti une certaine
fierté à être capable d’accomplir quelque chose ou
aller en des lieux qui ne sont pas accessible à tous? Une idée de
privilège en quelque sorte.
Revenons donc à nos moutons.
Mêêêêêê!!! Y a pas d’mais! Et la
plongée dans tout ça? C’est une bonne question et je me
félicite de me l’être posé. Hé bien la
plongée est une activité qui se pratique dans un milieu pour
lequel l’être humain n’est pas optimisé, sauf pour de
courtes incursions plus ou moins profonde en apnée et là encore
il fait piètre figure comparé aux mammifères qui y vivent.
Là-dessus tout le monde sera forcé d’être
d’accord. Ensuite, ne peut pratiquer cette activité que celui qui
acceptera de s’astreindre à une discipline précise
adapté au type de plongée que l’on veut effectuer, encore
là difficile de ne pas accepter l’évidence. De plus, quel
plongeur n’a pas un jour ressenti une fierté secrète de
pouvoir aller et revenir en des endroits auxquels d’autres ne pourraient
que rêver? Évidemment personne ou bien des menteurs. Pour entrer
dans une épave, une caverne ou faire de longs paliers de
décompression, ne faut-il pas maîtriser le réflexe naturel
hérité de nos lointains ancêtres préhistoriques qui
est de se précipiter vers ce que l’on perçoit être
une issue salvatrice? Ne faut-il pas changer notre façon de percevoir le
danger et nos repères? Bref, c’est une toute autre attitude mentale
qu’il faut développer. Encore là, si quelqu’un
n’est pas d’accord c’est qu’il n’a pas
écouté pendant ses cours. Alors si on regarde bien ça,
finalement, la plongée, c’est un sport extrême! Mais
attention, de grâce chassez-moi cette image de montée
d’adrénaline car cette hormone est ce qui donne à notre
physiologie l’énergie nécessaire afin de nous
éloigner du danger lorsque la panique nous prend, et en plongée
sous-marine la panique est fatale. Alors si on me le demande un jour, je
répondrai que la plongée sous-marine (récréative ou
technique peut importe) est un sport extrême en prenant cependant le soin
d’expliquer pourquoi, et vous qui prenez la peine de lire ces quelques
lignes feriez bien d’en faire autant, sinon à quoi ça sert
que je me casse l’arrière train à coup de longues et ardues
recherches. Mais vous êtes gentils alors je ne vous en voudrai pas trop
de ne pas être d’accord avec moi. Après tout, si vous
êtes confortable à l’idée d’avoir tort,
ça vous regarde.
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E.L.
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